Informations destinées aux malades traités par le Methotrexate

Le Methotrexate fait partie du groupe des médicaments immunodépresseurs mais à la dose proposée il n’a que peu d’action immunodépressive.

Ce médicament a été initialement utilisé en cancérologie à doses très fortes (atteignant parfois 1 g par semaine ou plus). En rhumatologie, il est utilisé à des doses faibles de l’ordre de 7,5 à 15 mg par semaine (parfois plus).

MODE D’ADMINISTRATION

Le Methotrexate peut vous être proposé soit sous forme d’injection intramusculaire ou sous cutanée (METHOTREXATEÒ, METOJECTÒ, LEDERTREXATEÒ) soit sous forme de comprimés (NOVATREXÒ, METHOTREXATEÒ).

Dans cette dernière hypothèse, les comprimés sont à prendre en une seule prise, une seule fois par semaine, à jour fixe, par exemple, au repas de midi.

Le délai d’action du Methotrexate est de l’ordre de un mois et demi à trois mois. Il agit en général plus vite que les autres traitements de la polyarthrite rhumatoïde.

SURVEILLANCE

Vous devez signaler à tous les médecins que vous verrez que vous prenez du Methotrexate.

En pratique, ce produit s’avère, dans l’ensemble, souvent efficace et assez bien toléré mais certains effets indésirables doivent être connus de vous.

L’accident le plus sévère est respiratoire : ce produit peut déterminer une toux, de l’essoufflement et parfois de la fièvre. Si vous avez l’un de ces symptômes, il faut immédiatement prévenir votre médecin et envisager une hospitalisation d’urgence. L’inflammation pulmonaire déterminée par le Methotrexate survient rarement (3% des cas) et cède dans la mesure où le diagnostic est fait précocement et où le traitement est institué très vite.

Le Methotrexate peut entraîner rarement une baisse du chiffre des globules

blancs ou des plaquettes, ce qui explique la nécessité de contrôles hématologiques réguliers (numération formule sanguine). Le Methotrexate a une certaine toxicité hépatique qu’il faut rechercher par des contrôles biologiques réguliers (transaminases).

Le Methotrexate peut déterminer d’autres effets indésirables qui sont beaucoup moins sévères : nausées, vomissements par exemple, qui régressent bien à la réduction de la dose ou même spontanément. Il peut faciliter les infections.

Des travaux récents ont montré qu’il n’était pas nécessaire d’arrêter le Methotrexate si vous à subir une intervention chirurgicale orthopédique. Par contre, si vous avez des foyers infectieux, il faut absolument les traiter (caries dentaires par exemple) et il est prudent d’envisager une couverture systématique par des antibiotiques. Si vous devez subir une intervention de chirurgie viscérale (chirurgie abdominale, gynécologique, urologique) ou dentaire, il vaut mieux interrompre provisoirement le Methotrexate.

Les vaccinations par vaccins vivants (BCG, fièvre jaune, poliomyélite par la bouche) sont contre-indiquées. Tous les autres vaccins (par exemple, contre la grippe ou le tétanos) peuvent être effectués sans problème.

Le Méthotrexate nécessite impérativement une contraception efficace. La grossesse est formellement contre-indiquée pendant ce traitement. Elle peut cependant être autorisée trois mois après l’arrêt du Methotrexate.

Certains médicaments ne doivent pas être associés au Methotrexate : c’est le cas en particulier du Bactrim, de l’Eusaprim, de la Noramidipyrine, de tous les médicaments qui sont toxiques pour le foie et de l’Aspirine.

Parfois, des dérivés de l’acide folique (Speciafoldine, Lederfoline) uniquement à faibles doses peuvent être associés pour traiter certains effets secondaires du Methotrexate. Les fortes doses d’acide folique sont susceptibles de bloquer l’effet du Methotrexate.

La surveillance biologique doit être rigoureuse : il faut faire une prise de sang au moins tous les mois comportant un hémogramme avec plaquettes, un bilan hépatique (transaminases) et un contrôle de la créatininémie.

La prescription du Methotrexate est toujours faite après un bilan très poussé, respectant scrupuleusement les contre-indications de ce produit. Cependant, n’hésitez pas à signaler la moindre anomalie que vous pourriez constater à votre médecin